Avril 2014

Constantin Dwernicki a fréquenté une boarding school en Angleterre entre 14 et 19 ans. Il étudie actuellement à l’Université de Nottingham (Eastern European Studies et Allemand).

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School Britannia:  Où étiez-vous à l’école avant d’arriver en Angleterre ?

Constantin Dwernicki:  J’ai passé 3 ans en secondaire à Paris (collège). Avant ça, j’étais à l’école en Pologne ; je suis un quart français, trois-quarts polonais.

S.B: Comment était votre anglais avant d’arriver en Angleterre ?

C.D: Il était OK. Cela m’a pris trois mois pour devenir totalement à l’aise.

S.B: Qu’est-ce qui vous a décidé d’aller à l’école en Angleterre ?

C.D: J’avais du mal en France, la différence avec le système polonais était très grande. J’avais toujours eu envie d’aller dans une boarding school anglaise, j’en avais toujours entendu du bien. L’Angleterre me paraissait une suite logique, où m’adapter facilement.

S.B: Votre famille vous a-t-elle manqué ?

C.D: En fait, ma famille ne m’a pas manqué du tout. Je me suis fait de très bons amis très vite, ce qui a rendu les choses plus faciles. Le toit parental ne m’a jamais manqué pendant les 5 ans passés. Nous rentrions souvent à la maison de toute façon. On faisait des demi-trimestres de 6 semaines, avec une coupure de 2 semaines ou de 4 pour les vacances de Noël et de Pâques. Mes parents ne m’ont jamais manqué, on avait tant de choses à faire. Je regrette que mes deux petits-frères ne m’aient pas suivi, c’était extraordinaire. Ils auraient pu bien s’amuser.

S.B: Comment les français réagissaient quand vous disiez que vous étiez à l’école en Angleterre ?

C.D: C’était un peu bizarre au début, car c’est très inhabituel en France, en tout cas à l’époque, je crois que c’est en train de changer maintenant. Certains n’ont pas compris du tout ma décision. Le plus drôle était la réaction sur la longueur de nos vacances, certains pensaient que je ne faisais rien. D’autres étaient surpris par les différences de méthode d’enseignement entre les deux systèmes.

 S.BArrivant de l’étranger, étiez-vous intégré ?

C.D: Oui, tout à fait. Il y avait certaines blagues quant à mon origine franco-polonaise, mais je me suis senti chez moi dès les premiers jours. Les gens étaient si accueillants. Je craignais que les élèves qui venaient du cursus anglais soient difficiles d’accès, ayant déjà leur groupe d’amis, mais cela n’a jamais posé un problème avec quiconque. Les professeurs aussi étaient accueillants. Dans les premiers mois, les professeurs m’ont aidé à rattraper mon retard en anglais, pour que je puisse m’intégrer.

S.B: Comment étaient les cours ?

C.D: Durs au début, à cause de la barrière de la langue.  Il y avait moins de devoirs qu’en France, mais ce qui m’a le plus plu est que contrairement à la France – où on se concentre principalement sur les matières scientifiques et le français – en Angleterre, on a le choix des matières en fonction de l’orientation que l’on veut prendre. J’ai trouvé ça très bien, et c’est sans doute pour ça que le système anglais a tant de succès à l’heure actuelle.

S.BQue faisiez-vous en dehors des cours ?

C.D: Rugby, évidemment. C’était un must. J’ai aussi essayé le cricket une fois, pas franchement un success pour moi … Aussi beaucoup de tennis et de foot, de natation, culture physique. Je me suis enrôlé dans les CCF (Combined Cadet Forces), ce qui a été une expérience super. Je ne suis pas musicien ni artiste, donc je me suis concentré sur les sports, aussi le golf. Quand je suis arrivé, on m’a dit qu’il y avait un parcours de golf à l’école, ce qui était vrai … La bibliothèque était aussi très riche.

S.BQuelles methodes d’enseignement ?

C.D: L’enseignement était beaucoup mieux personnalisé qu’en France. Plus de contacts avec les professeurs, les leçons en étaient plus riches et bénéfiques. J’avais envie d’aller en cours.

S.BRecommanderiez-vous à un élève non britannique d’aller en boarding school ?

C.D: Oui, cela forge vraiment un caractère. Partager le quotidien avec d’autres que vous ne connaissez pas dès le plus jeune âge est une excellente expérience. J’y ai fait mes meilleurs amis, j’ai rencontré des gens vraiment extraordinaires.

S.BQuels sont vos meilleurs souvenirs ?

C.D: L’un de mes meilleurs souvenirs est au petit matin le lendemain de la soirée des dernières années, où avec quatre de mes meilleurs amis, nous avons regardé le soleil se lever de mon endroit favori dans le parc. Mais chaque jour avait quelque chose d’exceptionnel. Il n’y a pas eu une journée où je me suis senti triste ou énervé. Ces cinq années furent très heureuses, j’ai toujours plaisir à retrouver mes amis de la boarding school, un sacré groupe que je n’oublierai jamais.

S.BQue voulez-vous faire plus tard ?

C.D. Je suis très contant d’apprendre une nouvelle langue (Allemand). Je pense que c’est important d’apprendre le maximum de langues possible. Je vais passer un an à Munich l’année prochaine, et terminerai la quatrième année de mon cursus à Nottingham. Je pendrai peut-être une année sabbatique ensuite (je ne l’ai pas fait après la boarding school), dans le caritatif. Je pense ensuite faire un MBA en Pologne.

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