Octobre 2014 Toby, 13 ans, vient de recevoir une bourse pour entrer dans une des grandes boarding schools britanniques. La raison : ses talents d’acteur de thêatre Toby a quitté le système français il y a deux ans, pour rejoindre une prep school anglaise  (une prep school n’est pas une classe préparatoire au sens français, mais est à cheval entre la fin du primaire et le début du collège – tranche d’âge entre 8 et 13 ans). Dans cette prep school, il a bénéficié d’un support pédagogique lui permettant de gérer sa dyslexie. Juste avant la rentrée, School Britannia a parlé à Toby et sa mère Clarissa.

Pourquoi avez-vous décidé d’envoyer Toby en Angleterre ?

Clarissa: Nous recherchions une école qui ait un bon support pédagogique. Une amie dont la fille aussi était dyslexique nous a recommandé cette prep school en Angleterre.

SB: Toby, as-tu aimé le temps que tu as passé dans cette prep school ?

T:  J’étais un peu inquiet avant de partir, car je n’y connaissais personne. Mais tout le monde était très gentil. L’aide que j’ai reçu était sans limite.

TOBY

SB:  Avec quelle régularité as-tu bénéficié de soutien scolaire ?

T:  Une fois par semaine, j’avais un soutien en maths, en anglais et en fait dans n’importe quelle matière qui le nécessitait. C’était des cours particuliers avec un professeur qui me demandait où il pouvait m’aider. Ma grammaire s’est considérablement améliorée ! Il y avait aussi des leçons par classe de cinq. Le reste du temps, j’étais avec les autres, dans les cours normaux.

C: Dans la prep school, au fur et à mesure de ses progrès, Toby a eu de moins en moins besoin de leçons particulières. C’est très flexible. En fonction de la situation de l’enfant, on peut changer de dispositif, ce n’est jamais figé. J’avais des rencontres régulières avec le Département de Soutien, où j’étais tenue pleinement informée des progrès de Toby et de la suite qui était donnée à son évolution.

SB:  Le soutien scolaire était-il au détriment du temps libre ?

T:  Pas du tout. Les séances étaient organisées au même moment que certaines matières secondaires que je n’avais pas choisies, telles l’espagnol ou le latin.

SB:  As-tu eu besoin de passer un examen pour entrer dans la prep school ? Cela t’a-t-il inquiété ?

T:  Les examens ne me dérangent pas, même si j’ai un peu peur. J’ai été autorisé à passer l’examen sur mon ordinateur, car mon écriture n’est pas top ! Quand on est dyslexique, on vous donne plus de temps. Pour l’examen de Common Entrance (l’examen présenté à l’issue de la prep school pour entrer en boarding school), j’ai passé toutes les matières : anglais, géographie, études religieuses, maths, sciences, histoire. Certains sujets étaient faciles, d’autres moins. Mais c’est fait, maintenant.

SB:  Dans quelle mesure les professeurs du Soutien Scolaire t-ont-ils aidé à préparer le Common Entrance ?

T: Notre professeur nous a enseigné les techniques de révision. Par exemple, en études religieuses, elle nous a appris que dessiner certaines scènes nous aiderait à les mémoriser pour ensuite les restituer.

SB:  Qu’as-tu eu à faire pour recevoir cette bourse ?

T: Au cours de ma première année en prep school, ils ont réalisé que je me donnais bien pendant les cours de théatre. Ils ont décidé de me pousser en me donnant plus de leçons.

C:  Ses professeurs lui ont dit : “tu as du talent, pourquoi ne pas essayer ?” puis ont su le guider pour lui permettre d’obtenir cette bourse. C’est purement et simplement grâce à l’école.

SB:  As-tu trouvé difficile d’apprendre les textes ?

T: Non. Je suis parmi ces gens qui quand ils lisent à haute voix un texte, perçoivent la façon de le dire.

C: Je ne l’ai jamais vu oublier ses textes.

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SB:  Souhaites-tu poursuivre dans cette voie après l’école ?

T: Peut-être. Je pourrais devenir un acteur ou un danseur, car j’aime bien les deux. Je prends des cours de danse de rue (street dancing).

SB:  As-tu le temps de t’impliquer dans d’autres activités ?

T: Quand je suis arrivé dans ma prep school, le sport était ma priorité. J’ai appris à jouer au cricket, je n’avais jamais joué. J’adore, c’est génial. Maintenant, je joue tout le temps. J’ai aussi participé à de nombreuses pièces de théatre et de comédies musicales.

SB: Savez-vous si Toby va pouvoir bénéficier d’un soutien scolaire dans sa nouvelle école ?

C: La prep school a transféré toute l’information à la boarding school sur la situation actuelle de Toby. S’il a encore besoin d’un peu d’aide, nous savons qu’il aura le soutien nécessaire.

SB: Le fait de bénéficier d’un soutien scolaire entraîne-t-il un clivage entre les élèves ?

C:  Le département de soutien est totalement intégré au sein des autres départements de l’école, donc il n’y a pas vraiment de différence.

T: Il y a un panneau à l’entrée de la salle de soutien, avec le nom et la photo d’une palanquée d’hommes et de femmes célèbres qui sont aussi dyslexiques.

C: Etre dyslexique ne veut pas dire qu’on ne peut rien faire. Il y a plein de personnages brillants sur ce mur. C’est juste une façon différente d’apprendre, où on a besoin de plus de temps et de plus d’aide.

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